Femmes détruites : Violences cycliques ou perverses

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Violence cyclique

Seuls les individus et, particulière, ceux qui présentent une personnalité borderlineconnaissent une violence cyclique. Cette violence s’installe progressivement dans le couple, d’abord par de la tension et de l’hostilité, pas forcément repérée. Le premier épisode se situe bien souvent pendant la grossesse ou dans les suites immédiates de l’accouchement. L’enfant à venir est perçu comme un intrus qui va retirer à l’homme l’attention de sa compagne. Dans la difficulté à se concevoir comme père, l’homme peut voir ressurgir des angoisses liées à des expériences difficiles et particulièrement liées à sa propre mère. Il lui faut renoncer à une position d’ado pour devenir parent. Certains hommes sont tellement perturbés par ce passage qu’ils en viennent même à mettre en doute leur paternité.

 

Le cycle de la violence se déroule en 4 phases et de manière répétitive. A chaque étape, le danger augmente pour celle qui subit.

1 – Phase de tension

C’est la phase d’irritabilité de l’homme. A ce moment précis, la violence n’est pas exprimée directement, mais elle transparaît à travers les mimiques (silences hostiles), les attitudes (regards agressifs), timbre de voix (ton irrité), tout ce que fait la femme l’énerve ! Pendant cette phase de montée de la violence, l’homme rend la femme responsable des frustrations et du stress de sa vie. Ceci n’est qu’un prétexte et en aucun cas une cause de violence : mais la femme culpabilise ! Si la femme ose demander ce qui ne va pas, l’homme répondra que tout va bien, qu’elle invente, qu’elle a une fausse perception de la réalité… et hop encore de la culpabilité sur le dos. Énervé l’homme en vient alors à la violence verbale et la femme une fois de plus regrette d’avoir posé la question.

 

2 – Phase d’agression

A cet instant l’homme donne l’impression de perdre le contrôle.  S’ensuivent des cris, des insultes, des menaces, parfois même des violences physiques. Les hommes vivent cela comme un soulagement, une libération d’un trop plein d’énergie négative. La femme ayant été préparée par de petites attaques perfides, elle protestera un peu, mais subira de plein fouet. Elle ne ressentira pas de la colère, mais une immense tristesse et un encore plus grand sentiment d’impuissance. Toute réaction de colère par la femme ne fait qu’aggraver la violence du partenaire, aussi la femme est-elle démunie en raison de l’emprise, et n’a d’autre solution que de continuer dans le sens qu’impose l’homme.

 

3 – Phase d’excuses

L’homme cherche à minimiser son comportement. Ses explosions de violence lui laissent un sentiment désagréable, il veut s’en débarrasser en cherchant une explication qui pourrait le déculpabiliser. Et, le moyen le plus simple, est de rendre la femme responsable, elle l’a provoqué !  Cette phase à pour fonction de culpabiliser une fois de plus la femme et de l’amener à oublier sa colère. Généralement, la femme finie par se dire qu’elle doit être plus attentive, modifier son comportement et ainsi éviter la violence de l’homme. La femme sous emprise prendra pourtant ces « excuses » pour argent comptant !

 

4 – Phase de réconciliation

Encore appelée « lune de miel », où l’homme adopte une attitude agréable, est soudainement plus qu’attentif et même super prévenant. Il aide bizarrement aux tâches ménagères, se montre amoureux et fait des efforts pour rassurer sa femme. Il peut même subtilement lui faire croire que c’est elle qui détient le pouvoir. C’est une phase de manipulation perverse de l’homme destinée à mieux « tenir » la femme. Paradoxalement, à cet instant précis, l’homme est sincère car il est paniqué à l’idée d’être trop loin. Mais ce n’est qu’un changement ponctuel et très vite il tentera à nouveau de reprendre le contrôle de sa femme. Pendant cette phase, la femme reprend espoir car elle a retrouvé l’homme charmant qui l’a séduite. Elle est convaincue à ce moment là qu’elle va réparer son homme blessé et qu’avec tout son amour il va changer. Malheureusement, cela n’est qu’utopie. L’espoir entretient l’espoir chez la femme et augmente ainsi son seuil de tolérance à l’agression. Et voilà, le cycle de la violence peut recommencer……

 

Lorsque la violence est installée, les cycles se répètent, telle une spirale qui va en s’accélérant dans le temps et avec une intensité croissante. Au fur et à mesure, la période de rémission diminue et le seuil de tolérance de la femme augmente. Elle peut presque finir par trouver cette violence normale, voire justifiée. A cet instant, si aucune rupture ne vient interrompre le processus, la vie de la femme est en danger.

 

Il y a un décalage ENORME dans le comportement de l’homme pendant la phase de tension et pendant la phase de réconciliation. Les femmes disent souvent qu’elles ne sont plus en face du même homme, mais d’une montagne de violence.

 

Chez l’homme violent, il y a une sorte d'addiction à ce comportement, il ne sait plus se calmer autrement que par la violence. Lorsque le cycle est initié, il ne peut être interrompu que par l’homme lui-même. Quelque soit son attitude, la femme n’a aucun moyen de l’arrêter. Il vaut mieux alors se faire discrète car l’affrontement peut augmenter la violence.  Certaines femmes prennent le risque d’aller à l’affrontement, elles prennent le risque de voir doubler la violence de leur partenaire ou bien de passer elles-mêmes pour violentes.

 

Violence perverse

Une forme de violence beaucoup plus insidieuse, subtile. L’homme est possessif, exigeant, critique tout ce qu’entreprend sa femme. Il refuse toute discussion. La violence se fait psychologiquement par des reproches, des humiliations, des gestes menaçants, un mauvais esprit, des jeux de mots…..tout pour faire peur.  Il n’est pas rare que la femme tombe malade sous une telle pression.

 

La violence perverse se caractérise par une hostilité constante et insidieuse. De l’extérieur, tout semble se passer normalement. Au départ de l’histoire, une femme est éblouie par un homme séduisant et brillant. Elle pense qu’en se rapprochant de quelqu’un d’aussi « grand » elle en sera grandie. Elle est prête à tout donner car elle est fascinée.

 

La tranquillité est vite troublée par le doute qui s’insinue dans son esprit, se transformant progressivement en angoisse. Elle est perdue et ne comprend pas. Elle se questionne : est-elle trop sensible ? Elle se fait des reproches : son partenaire lui dit qu’elle se fait des idées. Pourtant, par de petites attaques verbales, des regards de mépris, une distance froide il semble bien lui en vouloir : mais de quoi ?? En ne mettant pas de mots sur le problème, il détient un pouvoir sur elle. Il devient aimable quand il a besoin d’elle !

 

Et les attaques se multiplient : phases cinglantes, critiques méchantes sur tout ce qu’elle dit ou fait, isolement complet de la femme. Elle sombre dans la honte et l’incompréhension. Puis, sans savoir pourquoi, la violence passe à un stade supérieur. Coups bas et injures se multiplient : tout ce que dit ou fait la femme est tournée et détourné.  La femme décèle, à cet instant présent, de la haine dans le regard de son partenaire et sais qu’il va se permettre tous les coups, même les plus perfides.

 

Cette violence perverse est un pur concentré de violence. Elle s’infiltre dans l’esprit de l’autre afin de l’amener à s'autodétruire. Ce mouvement mortifère se poursuit même pendant l’absence de celui qui l’a mis en place, et il ne s’arrête jamais, même lorsque la femme a décidé de quitter son conjoint violent.

 

 

Femmes sous emprise de MF Hirigoyen