Femmes détruites : Pourquoi elles ne partent pas ?!

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Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux. George Orwell 1984   !!!!!

 

Un conjoint violent est un individu particulièrement manipulateur qui sait repérer chez l’autre la faille et la vulnérabilité qui permettra l’ »accrochage » : la mise en place du processus d’emprise. Si les coups ont été possibles, c’est que, dès le début de la relation, le terrain a été préparé, les défenses de la femmes levées.

 

La femme est bien souvent une personne jolie, gaie, optimiste, professionnellement irréprochable, fidèle et remplie de valeurs humaines. En face d’elle, un homme, menteur, de mauvaise foi, irresponsable et sans aucune valeur morale. Allez savoir pourquoi, cette femme aux principes humains perd tous ses moyens en face de cet homme sans scrupules et devient une femme qui pardonne et devient hyper compréhensive. Au fur et à mesure de cette relation insatisfaisante, la femme va perdre pied, se déliter, Ses repères s’estompent et elle est envahie par un doute incessant sur ses perceptions et sa séduction. Elle n’arrive plus à savoir ce qui est bon pour elle et ce qui est dangereux. Etant entièrement absorbée par cette relation pathologique, elle se met en difficulté.

 

On peut bien voir que l’alternance de séduction et d’agression, l’extrême imprévisibilité du comportement de son conjoint,  paralyse la femme. Au départ, elle résiste, mais petit à petit, elle s’épuise. L’emprise est bien installée !

 

Ce qui est dingue, c’est l’homme violent au départ, emploie toutes ses capacités à nouer la relation avec la femme choisie, mais très vite la relation se transforme en violence visible. Il a tout fait pour que sa femme se rapproche, mais trop de proximité est insupportable pour lui. La femme doit donc être détruite ou, plus exactement, il faut l’amener à s’autodétruire.

 

COMPRENDRE

 

Une difficile prise de conscience

Si la femme accepte de subir de tels comportements, c’est que les agressions n’arrivent pas brusquement, mais sont introduites par des micro violences, une série de paroles d’humiliations, des petites attaques verbales, un harcèlement moral, et tous ces actes diminuent leur résistance et les empêchent de réagir.

 

La domination et la jalousie sont d’abord acceptées comme preuve d’amour. Petit à petit, la femme va perdre tout esprit critique et va s’habituer. Progressivement aussi, l’homme passera de certains gestes et attitudes pas franchement hostiles à une violence identifiable, et la femme qui subit va continuer à considérer tout cela comme normal ! Au fur et à mesure qu’augmente la sévérité et la fréquence de la violence psychologique, la femme perd confiance en elle. Elle est complètement déstabilisée, angoissée, isolée, confuse.

 

Les femmes ne sont pas vraiment conscientes que la violence psychologique est inacceptable, au même titre que la violence physique. Tant qu’il y a un équilibre entre contrôle, dénigrement et gentillesse, c’est supportable.

 

De la domination à la violence

La violence n’apparaît pas tout d’un coup, mais un passage progressif se fait de la domination à la violence.

La mise en place de l’emprise

Le processus d’emprise se déroule en 2 temps : commence par la séduction, puis, si la femme résiste, l’homme use de procédés violents de plus en plus manifestes. La phase de séduction donne l’illusion d’un échange affectif. L’autre est accroché par ce qui ressemble à un amour idyllique. Cette déduction vise les instincts protecteurs de la femme, l’homme se présente comme une victime d’un passé lourd. Il ne s’agit pas d’une séduction amoureuse réciproque, mais d’une séduction narcissique destinée à fasciner l’autre et, en même temps, à le paralyser.

 

Cette phase de séduction est en même temps une phase de préparation psychologique à la soumission. La femme est déstabilisée et perd progressivement confiance en elle. Même si sa liberté s’érode petit à petit, elle continue à croire qu’elle est libre et que l’homme ne lui impose rien. Pourtant, par des micro violences et de l’intimidation, elle a été privée de tout libre arbitre et de tout regard critique sur sa situation. Elle est dans le flou et l’incertitude, réduite à la soumission, empêchée de résister, et elle finit par considérer comme normale la façon dont elle est traitée.

 

Cette relation d’emprise bloque la femme et l’empêche de comprendre. L’homme violent neutralise le désir de sa compagne, réduit et annule son altérité pour la transformer en objet. Il s’attaque à sa pensée, induit le doute sur ce qu’elle dit et ressent et, fait en sorte que l’entourage cautionne cette disqualification.

 

Par ce processus, l’homme ne cherche pas, au départ, à détruire sa compagne, mais à la soumettre petit à petit et à la garder à sa disposition. Il s’agit de la dominer et de la contrôler, afin qu’elle ne soit qu’un objet et qu’elle reste à sa place d’objet. La destruction ne viendra qu’après, par des stratégies douces comme la persuasion, la séduction et la manipulation, et par des stratégies plus directes de domination.

 

Ces 3 étapes sont nécessaires pour parvenir à cette modification de conscience :

·         Etape d’effraction pour pénétrer dans le territoire psychique de l’autre

·         Etape de capture de l’attention et de mise en confiance

·         Etape de programmation pour maintenir l’influence néfaste

 

Il suffit ensuite d’activer chez la femme tel ou tel comportement, pour qu’elle agisse comme on l’entend. C’est ainsi qu’en réactivant chez la partenaire des images d’isolement, de solitude ou autre, on ravive en elle des vécus antérieurs.

 

CONDITIONNEMENT DES VICTIMES

 

Le lavage de cerveau

La mise sous emprise correspond au lavage de cerveau, terme utilisé pour décrire les manipulations exercées sur un adepte dans les sectes.

 

Il ne faut pas croire que ces techniques ne s’appliquent qu’aux personnes fragiles ou prédisposées à la fragilité. Toutes les personnes sont vulnérables au lavage de cerveau, si elles y sont exposées durant un temps suffisamment long, si elles sont seules et sans appuis. Plusieurs techniques sont utilisées :

 

·         Techniques comportementales qui consistent à isoler la personne, contrôler l’information qu’elle reçoit, la mettre dans un état de dépendance économique, la fragiliser psychologiquement

·         Techniques émotionnelles qui correspondent à la manipulation verbale et au chantage. Ces hommes réussissent à influencer leur femme en mettant en avant soit leurs sentiments, soir leur besoin de conformité sociale, soit leur pouvoir. En alternant clémence et sévérité, l’agresseur place la victime dans l’incertitude et la confusion.

·         Techniques cognitives afin de la mettre dans la confusion. Cela se fait par le contrôle du langage et de la communication. Il suffit d’engendrer le doute, la confusion, d’ébranler les références intérieures de la femme. En multipliant les messages contradictoires, on peut paralyser l’autre, le laisser dans l’incapacité de penser, d’agir. Ces messages paradoxaux entraînent chez les victimes un épuisement psychologique et un renoncement à comprendre.

 

 

La mise en place de l’emprise se fait grâce à la communication perverse. Ce fonctionnement particulier, qui peut donner l’illusion de la communication, n’est pas là pour relier, mais au contraire pour éloigner et empêcher l’échange. La victime ne doit pas comprendre ce qui lui arrive.

 

Les procédés sont très stéréotypés :

 

·         Refuser la communication directe : que des sous-entendus, des remarques apparemment anodines mais déstabilisantes, pas de réponse précise aux questions posées

·         Déformer le langage, le message est délibérément flou et imprécis. Il vise à désorienter l’autre tout en le culpabilisant

·         Mentir, répondre à côté ou de façon indirecte par un assemblage de sous-entendus, créer un malentendu pour se déresponsabiliser et mettre l’autre en cause

·         Manier le sarcasme, la dérision, le mépris pour créer une atmosphère désagréable. Afficher un cynisme destiné à enfoncé l’autre à petites touches sans que l’hostilité soit trop flagrante

·         Déstabiliser l’autre par des messages paradoxaux pour semer le doute sur des faits anodins de la vie quotidienne, de contrôler ses sentiments

·         Disqualifier en retirant à l’autre toute qualité, lui dire et lui répéter qu’il ne vaut rien et cela jusqu’à l’amener à le penser

 

Au fond, il s’agit de faire passer des sentiments hostiles, sans que rien ne soit jamais exprimé, afin d’empêcher l’échange !

 

L’impuissance apprise

Si les femmes supportent autant de maltraitance c’est qu’elles sont mises sous emprise et conditionnées.

 

Lorsqu’elles sont piégées dans une situation sans issue, qu’elles subissent des agressions de façon imprévisible, les femmes deviennent passives et ont l’impression que tous leurs efforts sont vains. Elles n’arrivent pas à imaginer comment elles pourraient changer les choses.

 

Les femmes victimes de violence dans  le couple disent qu’elles ne savent jamais quand et pourquoi la tension apparaîtra ni pourquoi elles se feront agresser. Elles constatent que toutes leurs tentatives pour calmer leur partenaire sont vaines. On ne sait jamais sur quel registre fonctionne un homme violent car il passe d’un registre à l’autre : l’anticipation est donc impossible.

 

Il apparaît logique de penser que plus la femme subit une agression grave, plus elle a envie de partir. On constate, au contraire, que plus la maltraitance a été fréquente et grave et moins la femme a les moyens psychologiques de partir.

Le syndrome de Stockholm

La difficulté qu’ont les femmes à quitter un conjoint violent peut aussi s’expliquer en faisant le parallèle avec le syndrome de Stockholm. Ce dernier est à rapprocher de l’état dissociatif. Les victimes passent par les mêmes phases : les premières violences constituent une effraction d’où une perte de confiance. Ce sentiment insupportable et culpabilisant est immédiatement annulé et la femme entre dans un état de résistance passive. Elle accepte la situation et s’adapte au modèle mental de son conjoint.

 

Les mécanismes d’adaptation à la violence

Les effets de la violence varient en fonction de 2 éléments :

-          le niveau de menace perçu par la personne et la fréquence du comportement violent

 

·         Quand les violences sont de basse intensité et surviennent à un moment inattendu il se produit ne réaction de surprise et d’incrédulité (les micro violences)

·         Quand les violences sont habituelles et de basse intensité il se produit une sorte d’anesthésie de la personne, qui s’habitue à être humiliée et écrasée (violence perverse)

·         Quand les violences sont de forte intensité et inattendues une réaction d’alerte se produit amenant la personne à fuir ou  affronter la situation

·         Quand les violences sont extrêmes on observe une altération de la conscience et une paralysie des réactions

 

Face à un conjoint violent il est difficile de distinguer ce qui est de l’ordre de la contrainte et de l’ordre du compromis. Une femme qui a un partenaire abusif peut finir par s’adapter, pour avoir la paix.

 

La violence augmente progressivement et la résistance de la femme diminue jusqu’à devenir simplement une lutte pour la survie.

 

La dépendance

La dépendance est une conséquence de l’emprise et de la manipulation dont nous avons parlé précédemment. Dans la violence conjugale cyclique où l’emprise n’est pas au premier plan, l’alternance de phases d’agression et d’accalmie ou de réconciliation crée un système de munitions-récompenses. Chaque fois que l’homme violent est allé trop loin elle est « raccrochée » par un peu de gentillesse et d’attention. La femme en arrive à la conclusion que sans lui elle n’est rien !

 

L’inversion de la culpabilité

Dans tous les cas de violence conjugale, il y a une inversion de la culpabilité. Les femmes pensent que si leur partenaire est violent c’est parce qu’elles n’ont pas su le combler ou qu’elles ont un comportement inadapté à leur homme. La femme porte la culpabilité que son partenaire n’éprouve pas. Les fautes qui n’ont pas été nommées sont « portées » par les victimes, en attendant qu’elles soient reconnues par leur auteur (pure illusion !). Il s’agit là d’une double blessure dont les victimes ne seront pas soulagées.

 

Les hommes violents peuvent utiliser des manœuvres de rétorsion. Si les choses se passent mal, c’est parce que leur femme a tenté de se défendre. C’est ainsi que, lorsque les femmes vont au commissariat pour dénoncer la violence, elles ont l’impression de trahir leur compagnon.

 

Le stress post-traumatique

La persistance du lien de dépendance se poursuit alors même que la situation de conditionnement a disparu. Plus celle-ci dure, moins la personne peut se dégager. Elle est prise entre dépendance et violence et cela aboutit parfois à une véritable mort psychique.

 

Les personnes traumatisées par les violences présentent un haut niveau d’activité mentale et physique : troubles anxieux, difficultés d’endormissement, cauchemars mettant en scène le conjoint…

 

Puisqu’on ne peut échapper à ces évocations traumatiques, la fuit mentale sera une échappatoire. Aussi les femmes traumatisées présenteront souvent un détachement par rapport aux évènements et aux personnes. Ces perturbations sont la conséquence directe des mécanismes psychologiques de l’emprise.

 

 

Femmes sous emprise de MF Hirigoyen