Femmes détruites : L'emprise, la vulnérabilité

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Il n’est pas évident de comprendre que des femmes supportent si longtemps ces situations de violence. Les femmes violentées n’ont pas de profil type, elles viennent de n’importe quel groupe social et de tout niveau socioculturel. Un grand pourcentage de ces femmes est même composé de femmes à forte personnalité, fort caractère et vie professionnelle bien établie. Toute femme, quelle que soit sa personnalité ou sa position sociale, peut avoir à subir la violence de son conjoint. L’accrochage se met en place à partir d’une complémentarité psychique des 2 protagonistes. Il peut se faire qu’une femme ait été fragilisée par une histoire infantile chargée (une mère dominatrice et non aimante) et lorsque le pervers narcissique l’a compris, il exploite ces failles sans aucune morale ni complexe.

 

La vulnérabilité de la femme est soit d’ordre social (lié à ne position), soit d’ordre psychologique (en lien avec son histoire).

 

La vulnérabilité sociale

La difficulté qu’ont toutes les femmes à quitter un conjoint violent ne peut être comprise qu’en tenant compte du statut qu’elles occupent dans notre société et des rapports de soumission/domination que cela impose. Ces violences ne seraient pas possibles si leurs conditions objectives n’étaient pas déjà installées par le système social.

 

On a assisté à des bouleversements importants dans les rapports hommes/femmes, mais les stéréotypes perdurent. Alors que la parité s’installe progressivement dans la société, on continue à percevoir les hommes comme actifs et dominants et les femmes comme passives et soumises. Les mères contribuent à entretenir ces stéréotypes en élevant leurs garçons pour qu’ils soient fort, courageux et ne pleurent pas ; elles apprennent à leurs filles à être douces, gentilles, compréhensives et centrées sur le besoin des autres.

 

Notre société accorde aux hommes la force, le courage et la volonté d’agir ; aux femmes la douceur, la patience et l’instinct maternel.

 

La domination des hommes sur les femmes est repérable au niveau social où persistent des inégalités ou de la discrimination, ainsi que sur le plan des valeurs où tout ce qui relève du féminin est systématiquement dévalorisé.  Cette représentation sociale, partagée par tous, maintient les stéréotypes malgré l’évolution des mœurs.

 

Les femmes ont certes acquis un pouvoir dans la société, mais ces rôles sexués demeurent pourtant inchangés dans leurs fondements que ce soit dans le monde du travail ou au niveau familial. La violence envers les femmes renforce leur dépendance et permet aux hommes de continuer à exercer leur contrôle et leur autorité. La violence dans le couple est une violence intime, liée à la proximité affective. L’un des 2 partenaires, quel que soit son sexe, tente ainsi d’imposer son pouvoir par la force.  

 

Certains s’étonnent de la passivité des femmes qui pourraient échapper à leur bourreau mais ne le font pas. Il ne faut pas oublier que, si le patriarcat a rendu les hommes dominateurs, il a aussi amené les femmes à être passives et résignées. Il n’est pas rare de lire dans certains journaux que la femme est un être fragile, futile, qu’elle doit réparer, panser les blessures affectives de son partenaire et veiller à l’harmonie du foyer.

 

La femme se forge un « moi idéal » en fonction de son éduction, de son milieu social. C’est ainsi que certaines, suivant le modèle de la mère disponible et dévouée, pense que pour garder un homme, il faut montrer de l’abnégation et de la soumission. Ayant appris très jeune que pour mériter l’amour des parents, il lui fallait être utile et faire passer le bonheur des autres avant le sien, elle en fait trop pour le conjoint et s’oublie complètement au passage.

 

La femme de caractère et souvent confronté à la honte de sa situation et cela l’empêche de révéler sa situation. Cela constitue un obstacle supplémentaire pour y mettre fin.

 

 

La vulnérabilité psychologique

On pourrait presque dire qu’il y du masochisme chez ces femmes qui restent auprès de leur agresseur. Mais cela est faut car dans un couple masochiste les 2 partenaires choisissent ce mode de relation dominant/dominé. Ce n’est absolument pas le cas d’une femme qui subit dans son couple une violence qu’elle n’a aucunement choisie.

 

Il a été prouvé que les femmes qui ont subi de la maltraitance physique ou morale dans leur enfance ont un risque plus grand de se trouver, à leur tour, victimes de violence conjugale. Quand on a rencontré la violence pendant l’enfance c’est comme une langue maternelle qu’on vous a apprise !

Ce traumatisme leur a fait perdre leurs défenses, elles savent moins bien se protéger et réagir. Ce traumatisme passé a préparé le terrain, et derrière l’homme persécuteur actuel se cache bien souvent un autre persécuteur dans l’enfance.

 

Il ne faut pas seulement parler de la fragilité de la victime mais surtout de la destructivité du partenaire. La femme est engluée dans une relation douloureuse, sa culpabilité est sans cesse aggraver et l’emprise pèse sur elle de plus en plus.

 

Problématiques psychiques complémentaires

Une femme ayant un fort besoin d’aider, de réparer, peut choisir un partenaire qui aura besoin qu’on s’occupe beaucoup de lui, qu’on le cajole. De même, un homme ayant besoin de dominer saura choisir une femme au grand cœur, d’une humanité surdimensionnée ou une femme dépendante. Il s’agit pour chacun, de maintenir son équilibre interne, de lutter contre ses propres angoisses.

 

Une dépendance au partenaire peut être acceptable, s’il existe un échange, une réciprocité, un respect.

 

Une femme ayant souffert de carence affective dans son enfance peut se placer d’emblée dans la soumission. Elle pense qu’elle n’est pas digne d’être aimée et est prête à tous les renoncements pour avoir droit à un peu de bonheur. Ou encore, quand on a eu une mère peu affectueuse, on a appris très tôt qu’il faut se montrer « serviable et humaine » pour mériter l’amour de quelqu’un que l’on aime.

 

Et voilà comment une femme peut devenir trop tolérante et ne pas savoir mettre des limites aux comportements abusifs de son compagnon. Pour ne pas lui coller une étiquette d’homme violent, elle lui cherche même des excuses dans l’espoir de l’aider à changer.

 

Toujours à la recherche de l’amour, cette même femme cherche à se valoriser dans le regard de l’autre. Il lui faut être irréprochable, gentille, tolérante. Elle vit à travers celui qu’elle veut réparer et à qui elle veut tout donner. Elle en fait trop, se soucie des autres plus que d’elle-même. Dans sa grande « générosité » elle met un point d’honneur à tout comprendre et à tout pardonner.

 

Les hommes violents savent bien repérer le côté réparateur d’une femme et s’en servir pour justifier leurs dérapages et comportements. Certains, particulièrement manipulateurs, vont solliciter les instincts protecteurs de leur femme pour la séduire. Toujours dans le but de la soumettre et de la mettre sous emprise.

 

Femmes sous emprise de MF Hirigoyen